lundi 9 mars 2026

Lecture


 

Résumé :

"10 minutes de Schubert = 5 mg d'Oxynorm"

"Mme Kessler est assise dans son fauteuil toute droite, avec son bras offert aux soins et, tandis que je joue pour elle en boucle le thème de l'andante du Trio op.100 de Schubert, la lumière sur son visage est si intense qu'elle irradie en un flot étincelant toute la pièce, les infirmières et moi-même. Dehors, le chêne aux larges branches en reçoit aussi abondamment."

"Lorsqu'elle n'est pas en concert à travers le monde, ou auprès de ses élèves, Claire Oppert joue pour les personnes en fin de vie, les malades douloureux, les autistes ou ceux que l"on nomme les déments. La plume délicate et poétique, la musicienne raconte autant de rencontres uniques. Des hommes et des femmes que le chant du violoncelle apaise, stimule ou réconforte.                                                              Le moment musical au chevet des patients est un mort abrité dans l'épreuve, temps suspendu propice à l'émergence des souvenirs. Il relie les êtres et témoigne de cette part vivante et intacte en chacun de nous."

Ce que j'en pense :

Un seul mot pour tout résumer : Magnifique !

Tout est dit dans le résumé.

Il y a aussi des chapitres où l'auteur parle de ses études, sa famille. Ils sont écrits en italiques.

Elle a travaillé avec Howard Buten, psychologue américain spécialiste de l'autisme qui lui a laissé carte blanche. Howard est aussi écrivain, acteur, danseur, musicien et clown muet connu sous le nom de Buffo.

Livre délicat, poétique à lire et relire.

Cela me rappelle une vidéo vue il y a quelque temps que je vous mets là : 

 retrouve ses souvenirs en 

 écoutant le "Lac des Cygnes"



Extraits :

p.31 : "Quand les mots ne sont pas accessibles, la musique parfois, en un souffle silencieux, rejoint la sius-terre."

p.79 : " La voix du violoncelle appelle ses souvenirs, un à un. Ils surgissent en hoquetant, et remontent à la surface, comme des bulles de savon couleur arc-en-ciel."

p.82 : "J'écris à toute heure du jour et de la nuit sur une vieille machine à écrire ayant appartenu à ma grand-mère maternelle, poétesse américaine. Cette machine jette bruyamment ses lettres une à une au bout de ses fines pattes de fer."

p.106 : " Elle allume parfois les regards, fait éclore les sourires et couler les larmes, même quand la conscience n'est plus. La musique vivante fait chanter et danser les patients à l'orée de la mort, et les soignants aussi, qui entrent à leur tour dans la farandole.
Elle ouvre tous les coeurs."

p.149 : "(...) C'est le regard de l'autre qui permet de lutter contre l'éclatement..."

p.163 : "Le violoncelle est une voix humaine ; la musique de Jean-Sébastien Bach, la voix du ciel."

p.184 : "Il est des êtres qui continuent de rayonner dans l'absence. Comme le silence après a musique, présent, vivant et lumineux."