Résumé :
"Dans la Barcelone ténébreuse du IXe siècle, aux confins du royaume franc, le jeune évêque Frodoi découvre avec surprise l'ampleur de sa tâche. Sa mission ? Restaurer l'autorité de l'Église, et celle de la couronne carolingienne. Il trouvera sur son chemin trois femmes de fort tempérament : Elisia, la lumineuse aubergiste, Goda, l'aristocrate retorse, et Rotel, la jeune sorcière aux cheveux roux. Car sur cette terre maudite, les attaques sarrasines sont loin de constituer le pire des périls. L'amour, la haine, les machinations politiques font des poisons plus lents, et le feu des passions de plus grandioses incendies..."
Ce que j'en pense :
J'avais lu et apprécié de cet auteur : "Le Jugement de l'eau". Celui-ci, gros pavé aussi (877 pages), se situe avant puisqu'à la deuxième moitié du IXème siècle... et je l'ai aimé aussi.
Ce livre est très bien écrit, beaucoup d'intrigues, de rebondissements avec des personnages historiques et d'autres créés par l'auteur ; politique, religion, sorcellerie se croisent . Du point de vue historique je m'y perds un peu mais cela n' en empêche pas sa lecture. On y voit entre autre la construction de la cathédrale de Barcelone voulu par l'évêque Frodoi, dans cette ville alors dépeuplée et abandonnée.
J'ai cherché sur l'ordinateur une explication aux "bestiaires" mais n'ai rien trouvé à ce sujet. Est-ce une invention ? des histoires que l'on se transmet de générations en générations ? Ce métier m'a beaucoup impressionnée....
Extraits :
p.203 : "(...) : c'est l'adversaire qui montre comment on peut le vaincre."
p.232 : "Les nobles et les personnages haut placés de l'Eglise utilisaient la plèbe pour leurs intérêts propres."
p.483 : "Les hordes redoutables défendaient les chemins du sel, cultivaient leurs parcelles et les domaines communaux pour payer le tribut pour la terre, ou s'occupaient des troupeaux. Des enfants étaient nés, et ils ne les abandonnaient plus dans les bois ; ils ne les dévoraient plus non plus. Ils pouvaient les nourrir, et leur progéniture avait un avenir."
p.500 : "La flèche dans la gorge de cet homme rappelait que l'histoire des royaumes qui s'affrontaient pour la religion et le désir d'ex^pansion n'était pas encore terminée."
p.519 : "L'affaire peut se régler d'une autre façon. Combattons vous et moi à la place de nos armées, comme le faisaient les anciens."
p.537 : "L'histoire est pleine de supercheries et de mensonges, reconnut le prélat."
p.538 : "- Ce dont on se souvient n'est pas la chronique des moines, qui s'empoussière, mangée aux mites, dans les monastères austères. (...) - ce qui est réel, c'est ce que les troubadours et les bardes relatent. leurs chansons de geste se répandent et elles sont reprises pendant des années. Voilà ce qui perdure, même si ce n'est pas vrai."
p.700 : "Au cours de l'assemblée, le roi légifèrera sur la succession héréditaire des comtés afin que les fils puissent succéder à leur père de droit sans avoir besoin d'être nommés par le roi. Avec la reconnaissance de l'hérédité de la charge comtale, chaque maison perpétuera son domaine en toute autonomie."
p.757-758 : "- Bien que cela ne s'applique pratiquement pas dans la loi gothe, j'invoque la loi germanique des Carolingiens qui permet de soumettre l'accusé à une épreuve pour déterminer si Dieu l'innocente ou pas. Etant donné qu'Elisia de Carcassonne soutient qu'elle ne connaissait pas la véritable identité de son époux et qu'elle n'est pas gothe, je sollicite qu'elle soit soumise à l'ordalie acqua fervens afin de déterminer si elle ment ou si elle dit la vérité."
p.786 : "Sur les terres de Francie, elle avait assisté à des ordalies terribles, telles que marcher sur des braises, embrasser des fers rougeoyants ou plonger des nouveau-nés mâles dans l'eau pour voir lequel des deux Dieu sauvait et bénissait."
p.822 : "Nous savons tous les deux que, pour se battre, il faut une raison. On combat pour l'honneur, pour un idéal de justice, pour honorer un serment d'allégeance ou par vengeance, pour le pouvoir ou la richesse... Or les hommes qui répondent à mon appel le font par admiration et par respect pour leur capitaine... Qui n'a rien à leur offrir pour le moment. Sans esprit de victoire, nous sommes vaincus."
p.828 : "Quelle valeur possède la mémoire ancestrale d'un peuple si ce n'est pour le protéger et le conserver en vie ?"
































