Avant les épisodes grippaux, j'avais reçu d'Aline, "deux Innocents" d'Alice Ferney
Sur les effets du soupçon et le poids du silence, "Deux innocents" explore les moindres faux plis du malentendu et de la fatalité. Où, face à l’engrenage qui se met en mouvement sous ses yeux, le lecteur partage comme en miroir la stupeur et le vertige du personnage. Avec une précision et une fluidité narrative captivantes, Alice Ferney signe le grand roman moderne du déni de tendresse."
Ce que j'en pense :
Quel roman ! criant de vérité et pour cause, il est tiré d'une histoire vraie !
L'auteur ne prend pas partie et; de sa plume neveuse, expose tous les faits pour que le lecteur puisse choisir son camp.
Les phrases sont courtes, juxtaposées sans alinéa ou presque, même dans les dialogues.
Nous sommes spectateurs de la vie, des sentiments, du for intérieur de l'accusée... Et c'est un engrenage...
Cela reflète bien notre société actuelle, procédurière, délétère, délatrice, noyée par les informations de toutes sortes surtout sexuelles, perverses... à la recherche d'un coupable systématique pourvu que ce soit un autre que soi...
C'est terrifiant car cela peut arriver à n'importe qui, malgré sa bonne foi ! Cela m'a ulcérée ! D'autre part, j'en veux énormément à la Directrice qui devrait soutenir ses professeurs envers et contre tout et tous. Et ce manquement se voit souvent dans les entreprises de nos jours....
L'auteur met tout en place petit à petit
Extraits :
p.14 : "Les jeunes ont besoin de prendre confiance en eux, il faut les laisser s'extérioriser, ils s'expriment et pour certains c'est un acquis récent dont l'équipe pédagogique se félicite."
p.74 : "Les faits doivent être qualifiés et prouvés, sinon n'importe qui est à la merci d'une dénonciation mensongère. La société deviendra triste et inhumaine si la tendresse, la sympathie, la compassion, le réconfort n'on t plus leur place, si on infecte leur signification en insinuant partout Eros.
p.137 : "Elle voudrait que Marc comprenne : un esprit simple demeure complexe, il échappe à notre entendement Il faut rester modeste devant le mystère."
p.161 : "La violence n'est pas indigne quand elle est le seul moyen pour se faire entndre, pense Claire de façon viscérale, sans avoir envie d'y réfléchir. Elle aussi pourrait hurler. Dire la vérité et ne pas être crue, travailler et ne pas avoir à manger, faire quelque chose de bien et être suspectée du pire : même combat. Comme les manifestants, elle a la rage.
p.217 : "La présomption d'innocence n'y peut rien : le soupçon tache, l'accusation affaiblit l'inculpé en le salissant, en le dépouillant sinon de son innocence du moins de son impeccabilité. Des gens le croient coupables et leurs simples mots sont des coups."
p.237 : "On confond le réel et le possible, dit maître Lavergne, c'est la suspicion qui s'égare."
p.251 : "On peut vraiment se tromper, falsifier une personnalité, en toute bonne foi d'ailleurs, car le cadre de questionnement est prédéfini et une écoute déjà informée biaisée."
p.265 : "Tout est donc possible, l'innocence est invisible et douteuse la charité, aucun soupçon n'est aberrant - et il est vrai que tout citoyen responsable est un justiciable comme les autres."
p.302 : "Une enquête et une instruction sont censées explorer toutes les pistes, dit-elle, elles ne doivent pas simplement confirmer un souspçon dont on oublierait finalement l'origine."
