jeudi 18 décembre 2025

Lecture


Résumé :

"L'amour impossible entre une noble et un paysan vient bouleverser l'ordre établi dans l'Espagne du XIIe siècle.

Hiver 1170, le plus rude depuis des années. Aux portes du château, un cortège s'avance. En ce jour passera la justice, celle de Dieu du moins, ou ce qui en tient lieu... Bientôt deux nourrissons sont plongés dans l'eau glacée de la citerne. Le garçon flotte. La fille coule. La famille de cette dernière, les Corviu, se voit donc remettre les terres litigieuses, tandis que Robert de Tramuntana, en grandissant, restera le perdant, le " Damné ". Mais alors qu'il étudie le droit à Barcelone et rêve de le réformer, il ne peut oublier la petite fille, celle qui partagea naguère l'injustice de son jugement..."


Ce que j'en pense :


Ce roman de presque 900 pages commence par l'ordalie qui est  un système de justice employé au XIIème siècle pour savoir, sans preuve donc, qui est "sauvé" par Dieu et qui est "damné". Celui qui est damné est donc Robert de Tramuntana qui n'aura de cesse, devenant juge, de faire adopter une justice basée sur les faits, les preuves et non par le rang. S'en suivent des aventures, des rebondissements à n'en plus finir.


Très bien écrit et bien documenté (l'auteur, avocat,  a été consacré en Espagne comme l'un des plus talentueux auteurs contemporains de romans historiques) ce livre se lit très vite car l'écriture est fluide. J'ai été happée dès le début


Donc excellente lecture que je recommande à tout le monde... Pour ma part je vais me procurer le précédent livre du même auteur : "La Terre Maudite".


Extraits :


p.29 : "Juger était une tâche complexe, souvent rébarbative, délicate surtout, raison pour laquelle les rois et les nobles comptaient sur le conseil des juges et des sages pour fonder leuers décisions."


p.96 : "Guilhem Climent disait que pour un juge, les lois importaient moins que l'âme humaine. Les premières étaient des textes qu'on pouvait apprendre, changeants et caducs. En revanche,  l'intériorité d'un individu était une caverne qui recelait des secrets, la vérité et le mensonge. Savoir s'orienter dans ce repaire était essentiel pour dispenser la justice." 


p.195 : "- Je ne suis personne, ni ici ni nulle part ! (Je lui montrais mes doigts.) Tu m'as demandé à les voir, tu t'en souviens ? Ils sont comme ça parce que Dieu m'a damné ! Je suis arrivé à Jaca à cause du bannissement, et tu ne peux pas avoir de pire ennemi que celui qui a perdu jusqu'à son âme."


p.365 : " Mon avenir n'était pas dans la paix de Ripoll, mais dans la guerre des tribunaux. Un jour, les nobles eux-mêmes seraient soumis à la loi, et leurs serfs réussiraient peut-être à être libres."


p.394 : "- Les hommes n'ont pas créé la justice et l'équité poursuivit-il d'un ton véhément. Elles appartiennent à la nature ! C'est tout ce que nous avons pu emporter du jardin d'Eden, et par notre sottise nous les avons perdues !"