Résumé :
"C’est un endroit à l’abri du temps. Un minuscule hameau, « Les Montées », un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose. Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent l’injustice en serrant les dents. Mais c’est ainsi depuis toujours. Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par le hameau, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.
Ode aux liens familiaux, Madelaine avant l’aube questionne l’ordre des choses et sonde l’instinct de révolte.Sandrine Collette s’élève au sommet de son art. Le Parisien.
Un conte intemporel, sombre et glaçant. Un roman sauvage, de terre et de poésie. La Croix.
Tout simplement impressionnant. Lire magazine.
Ce texte déborde de vie. Télérama.
Une grande réussite. Le Monde des Livres."
Ce que j'en pense :
C'est un petit livre très bien écrit, poétique où les mots très précis nous emmènent dans la dure vie paysanne.
Le roman est prenant, on s'attache aux personnages notamment la petite Madelaine qui est volontaire, droite, aimante, travailleuse, pleine de fougue mais aussi de colère...
Ce livre raconte la misère, la pénibilité du travail agricole, l'injustice des maîtres de la terre qui ont pouvoir de vie ou de mort sur les paysans, la survie mais aussi la tendresse, la pudeur des sentiments.
Au début du roman c'est Bran qui raconte... Mais qui est
Bran ? Surprenant !
Extraits :
p.74 : "Les fugues de Madelaine sont des heures bleues. Le bleu est la couleur du bonheur, dit Rose. C'est le ciel qui promet, c'est l'eau qui nous désaltère, c'est un reflet sur un nuage qui nous fait sentir étrangement bien."
p.98-99 : "Je le sais, ce sont les femmes qui se révoltent. Dans tous mes souvenirs depuis que je suis ici, seules les femmes ont parfois élevé la voix, ont levé une fourhe ou un bâton pour défendre la simple possibilité de vivre. Elles sont prêtes à donner leur sang pour leurs enfants. Les hommes, eux, se plient. Ils s'habituent à tout. Ils ne veulent pas mourir."
p.108 : " La nature quand elle crée des situations difficiles ne sauve ni les plus beaux ni les plus imposants ; elle préserve les plus forts, et les plus forts sont ceux qui ont le moins d'exigence."
p.111 : "Les étreintes des femmes sont des pansements, et l'aube a fini de nettoyer les idées sombres."
p.120 : " Les paysans ont le sentiment de labourer en vain, de semer sans espoir de récompense, soit que les maîtres se servent trop, soit que le temps gangrène les récoltes. Au bout du compte il ne reste pas même de quoi nourrir sa famille."
p.209 : " Dans les moments de chaos, il suffit d'une minuscule lumière pour s'accrocher et survivre."
