mardi 10 septembre 2024

Lecture


 

Résumé :




Ce que j'en pense :

Cet ouvrage a été écrit à partir d' un fait divers. Les chapitres le concernant alternent avec la propre histoire de l'auteur qui aime beaucoup la Russie, y a vécu avec Mitia.

C'est d'une belle écriture que l'auteur nous partage ce roman qui s'avère plus comme un témoignage.

La colère, la révolte sont des sentiments que j'ai eus tout au long de ce livre. Comment un pays, un peuple, peut étouffer ces violences faites aux femmes, aux enfants ? 

Cette "affaire" a été de notoriété publique et jugée en partie mais si mollement, si hypocritement, malgré toutes les preuves notamment des proches des victimes, leurs voisins... et tout est si évident que je ne comprends pas que cela traîne. Mikhaïl, le père de ces trois soeurs, tortionnaire, semblait intouchable. Si une femme meurt c'est de sa faute, mais en revanche, si c'est un homme c'est forcément de la faute de la femme...

 

Citations :

p.57  : "Et, surtout, il fallait que cela reste calfeutré à la maison. C'était ce que semblaient penser tous les fonctionnaires et députés russes qui insistaient régulièrement dans leurs prises de parole sur le fait que les histoires de violence domestiques relevaient de problèmes familiaux privés, et devaient se régler en famille, parce que si l'Etat s'en mêlait, y regardait de trop près, ça risquait de mettre en danger l'équilibre même des familles et l'existence des valeurs traditionnelles."

          : "Etre victime, c'est être seule contre une famille qui n'accepte pas qu'on lave son linge sale en public, seule contre la police qui intervient rarement, seule contre ses amies qui disent que son mari la bat parce qu'elle est une mauvaise épouse ou une mauvaise  mère (...)"

p.93 : "Tout était corrompu, ses proches n'avaient aucun moyen de se protéger, et plus le temps passait, plus Mikhaïl se sentait intouchable."

p.119 : "On a pourtant démontré depuis longtemps que l'on peut subir des sévices psychologiques et physiques pendant des années sans rien dire, et que des réactions sont d'autant plus communes lorsque les violences sont exercées par un parent sur ses enfants. Mais pour les soeurs Khatchatourian comme pour toutes les femmes victimes de violences, on interroge avant toute chose leurs fautes, leurs erreurs, leurs manquements."

p.129 : "C'est simple la tendresse, les rires, les cheveux qui se mêlent, les mains qui se tiennent, les bras que l'on serre, les baisers que l'on se colle sur les joues. C'est tout simple d'être légères quand on s'aime."

p.197 : "Je n'avais pas envie de le revoir, mais si l'occasion se présentait, pourrais-je m'en empêcher, même si je sentais le danger ? Guérit-on jamais  vraiment de ce qui se joue dans l'adolescence ?"

p.207-208 : "Il m'arrivait souvent  de rêver ainsi, mais mes fantasmes m'ont semblé vains quand j'ai lu que la Douma d'Etat avait approuvé, début 2021, les amendements Dimitri Viatkine sur la diffamation : les victimes d'abus sexuels risquaient désormais jusqu'à cinq ans de prison pour avoir dénoncé publiquement des crimes ou du harcèlement sexuels. Et le fait même de se battre pour l'adoption d'une loi contre les violences domestiques pouvait être considéré comme une activité politique criminelle."