dimanche 20 juillet 2025

Lecture


 

Résumé :

"Le transport du canapé constituait l'apogée de la malédiction des objets qui me poursuivait depuis ma naissance. Et je commençais à comprendre obscurément le rôle central que certains de ces objets avaient pu jouer dans des épisodes désastreux, dangereux ou grotesques de mon existence. Ils étaient toujours là quand il y avait un mauvais coup à faire."

" À la mort de sa mère avare et dure, une femme hérite d'un canapé remarquablement laid. Elle charge ses deux fils et sa belle-fille de transporter la relique depuis Paris jusqu'à leur maison en Auvergne. À bord d'une camionnette, Pierre, Bernard et Martine embarquent alors dans un périple hilarant, au cours duquel défilent les paysages et les histoires de famille aussi féroces que réjouissantes."


Au sujet de ce livre :

Je ne connais pas du tout l'auteur, et pourtant il a pas mal écrit. Ce livre m'a été offert, comme on le voit sur la photo, pour l'achat de deux livres de la même maison d'édition ; je dirais "heureusement" car, dans une librairie, je ne me serais pas arrêté sur lui !

Ce fut une bonne lecture : j'ai beaucoup souri, même ri (ahhhh ! le passage sur l'Académie française !). C'est un récit truculent dont le voyage  pour convoyer le fameux canapé-lit est le prétexte. Beaucoup de digressions, amusantes pour la plupart. C'est en fait une discussion entre deux frères et la femme de l'un d'eux tout au long du trajet de Paris à l'Auvergne ; tout y passe, la famille, les  villages traversés, les souvenirs, des règlements de compte... Il y a même une phrase qui fait 28 lignes !

L'auteur utilise beaucoup de mots que je ne connaissais pas, certains ayant rapport à des bruits d'oiseaux  comme "margoter, cacaber, zinzinuler..." et d'autres encore comme par exemple  p.96 : "(Tout le passage qui précède est gracieusement offert au professeur de français désireux de donner à ses élèves un bon exemple de prétérition.. Je peux également fournir, sur commande, l'ekphrasis, l'ironie pseudo-encomiastique - spécialité de la maison -, la prosopopée, l'épanorthose. Supplément pour l'expolition.)"


Extraits :

p.104 : "En Inde, quelqu'un qui ne peut pas répondre à votre demande d'information vous indique tout de même quelque chose, n'importe quoi, par pure amabilité et pour sauver la face."

p.161 : "(...)   c'est comme tout, avec les rocades on ne voit plus passer les villes. On les oublie. On trace. Le voyage n'est plus qu'un éternel contournement, une manière d'éviter le réel à force d'aller le rejoindre."

p.241 : "Les journalistes sont très soucieux pour défendre leur liberté d'expression, avec de grands mots et des idéaux bien sonores, mais lorsqu'on les critique, c'est-à-dire qu'on use contre eux de le liberté d'expression, ce n'est plus de la liberté d'expression, c'est du populisme, du lepénisme, et ils se débrouilleront pour l'étouffer tant qu'ils pourront, la liberté d'expression, tous les moyens seront bons, à condition qu'ils soient discrets. Donc, pour quelques phrases ironiques, ils y vont, à tour de bras : menaces, insultes, annulations, diffamation, interdictions, suppressions d'articles, censure."