Résumé :
"Quand ils viendront me chercher, je penserai à l'extrémité de la corniche du nord, car c'est là que j'ai été la plus heureuse, avec le ciel et le vent, et les collines toutes sombres de mousse [...]. Au coeur de l'Écosse du XVIIᵉ siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride, le révérend Charles Leslie, venu d'Irlande, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières et raconte les Highlands enneigés, les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse. Jour après jour, la créature maudite s'efface. Et du coin de sa cellule émane une lumière, une grâce, qui vient semer le trouble dans l'esprit de Charles."
Ce que j'en pense :
Ce livre est une merveille !
L'écriture est belle, poétique, sensible... Une ode à la nature...
L'histoire est poignante (surtout à la partie "Quatre" où j'ai failli pleurer)...
Il s'agit d' un roman historique dont le titre original est "Corrag".
Corrag, surnommée "sorcière" ou "putain" ou "gueuse" ou autres, est une jeune-femme extraordinaire, magnifique, pleine d'amour, de bonté, de sagesse...
Le révérend Charles qui l'interroge sur les massacres,écrit régulièrement à sa femme Jeanne. Et l'on voit qu'il change d'avis petit à petit au sujet de Corrag ; il n'est plus si sûr qu'il faille la punir...
Une fois le livre refermé, on y pense encore.... Je relierai de temps en temps des passages au hasard, rien que pour le plaisir, la beauté du texte.
Pour moi, c'est un coup de coeur
Extraits :
p.50 : "Le pauvre coq ne faisait aucun mal, il était noir et passait par là, voilà tout. Mais Cora m'a dit que les gens enfouissent ce qui les effraie, pour se protéger. Pour l'écarter d'eux, puisque ce sera enfermé sous la terre ou dans la mer."
p.51 : "Le seul mal au monde est celui qui niche chez les gens, dans leur orgueil, leur avidité, leur devoir."
p.76 "(...), mais les gens n'entendent que ce qui leur convient."
p.117 : "Mais la meilleure chose que j'avais apprise était peut-être ça : on ne peut connaître l'âme et la nature de quelqu'un qu'après avoir passé du temps assis avec lui, à causer."
p.177 : "Vous croyez qu'à Glencoe j'étais pauvre ? Loin de là. Sans argent, oui. Mais est-ce que l'argent peut donner la vraie richesse ?"
p.180 : "De nos jours, qui prend le temps de soigner son âme ? Peu de gens, à mon idée. Je vais vous dire, Monsieur Leslie : je pense que peut-être, avec la vie qu'on mène, à gagner son pain, se laver, se chauffer, livrer ses petites batailles quotidieinnes, on oublie son âme. On ne s'en occupe pas, comme si elle avait moins d'importance que tout ça. Et elle n'en a pas moins, je crois."
p.222 : "Mais les légendes peuvent avoir tellement de force qu'elles font l'effet d'une vérité."
p.235 : "A cause d'un cheval bien ou mal ferré,, des royaumes peuvent être conquis ou perdus."
p.290 : "Quand on est privé de ciel, on pense aux ciels qu'on a connus par le passé."
p.292 : "Qu'est-ce qui est pire ? Blasphémer, ou comploter contre le roi ? Est-ce que le mot sorcière est pire que jacobite ? Je n'en sais rien. C'est vous et les vôtres, monsieur, que Guillaume déteste tellement qu'il veut en débarrasser son pays, mais c'est moi qu'on va brûler."
p.303 : "La manière de mourir peut nous faire peur. Nous pouvons craindre la douleur, et je la crains, tellement fort... Mais le mot mort, c'est comme ailleurs, il parle d'un autre endroit, l'endroit où sont les autres."
p.382 : "(...) tous les gens venus au monde avec un coeur ont le don de double vue car c'est la voix du coeur. C'est la chanson de l'âme."
p.452 : "C'est le soir. La lune est à son premier croissant. Il y a des étoiles, et le bruit d'un ruisseau, et dans l'obscurité j'entends même des ailes d'insectes. Je me dis quels présents nous recevons. Quels présents, chaque jour."
